Lilapuce
 

supports (mercredi 10 mars 2010)

Document maître (OOo) [4] : corriger les styles (suite)

Résumé de l’étape précédente : Il est possible d’éditer directement un fichier lié à partir du document maître. Nous avons corrigé les incohérences les plus voyantes : remplacement du style personnalisé « Questions » par « Titre 2 », abaissement d’un niveau. Les modifications se reportent ensuite sur le document maître par la commande « Actualiser ». Nous avons enregistré le document maître, lequel porte l’extension « .odm ».

Bon, alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Vous n’aurez, au terme de cette 4e étape, réalisé qu’une seule procédure. Et en plus, il s’agit d’une manip désormais bien connue : modifier un style.

Ah ! cela devrait donc être bref.

Eh bien non, pas tant que ça. Désolé.

Je souhaite aborder certains points, qui me semblent importants, même s’il ne s’agit pas, proprement dit, de procédures techniques, telles que nous les avons vues jusqu’à présent. Nous reviendrons, en particulier, sur des questions plus théoriques ayant un rapport avec la gestion des styles.

L’objectif n’étant pas d’engager un propos académique sur le sujet (ce qui n’est ni dans mon intention, ni dans mes capacités), mais plutôt de vous donner quelques pistes complémentaires pour résoudre des problèmes très concrets et qu’il assez courant de rencontrer en traitement de texte, dès lors qu’on utilise des styles.

Cela me conduira donc à commenter, d’un point de vue moins « technique » notre projet et le tout, sans beaucoup d’illustrations. Je m’en excuse par avance, mais je n’ai trouvé aucune alternative à la tournure quelque peu étouffe-chrétien du présent support.

(…)

Pour commencer, accordons-nous un petit moment de réflexion critique sur le travail réalisé dans notre document maître.

S’aventurer dans un document maître sans modèle : est-ce bien raisonnable ?

Je l’admets volontiers : l’hypothétique projet « Master Web », tel qu’il est mis en situation dans cette série de supports, ne renvoie pas une image particulièrement flatteuse de ses « auteurs » (et là, je n’évoque pas le contenu, désormais, obsolète, mais bien l’aspect strictement technique « traitement de texte »).

Nous avons constaté que, d’un document à un autre, la structuration logique du contenu n’était pas la même. Nous avons été obligés de passer par quelques laborieuses manipulations au moment de l’intégration de tous ces fichiers dans le document maître.

Alors disons-le tout net : s’il l’on avait prévu, dès le départ, que tous les textes de ce projet soient rédigés à partir du même modèle de document, nous n’aurions pas perdu notre temps à le corriger au moment du rassemblement dans le document maître.

Souvenez-vous, en particulier, que nous n’étions pas dans les meilleures dispositions lorsqu’il a fallu remplacer le style « Questions » par « Titre 2 ».

Imaginez qu’à la place de quelques pages, notre projet comporte plusieurs dizaines, voire centaines de pages : aurait-il fallu chercher toutes les occurrences de ce style « Questions » pour les passer à la main avec l’outil « Mode tout remplir » ? Quelle galère ! Certainement pas : trop long, et pas assez fiable (nous reviendrons sur le sujet un peu plus bas).

Dans ce cas, il serait préférable de passer par d’autres méthodes ; des procédures automatiques, plus fiables que la méthode manuelle. Le problème c’est que, ces méthodes-là, nous ne les avons pas encore abordées.

Vous connaissez mon goût pour les digressions, mais je pense qu’il ne serait pas raisonnable de vous proposer, à ce stade de notre support, des explications sur de nouvelles fonctionnalités du programme, alors que ces dernières n’ont pas de rapport direct avec notre sujet.

Bon. Alors, on récapitule ; pour éviter les galères avec les documents maîtres, une seule solution : « Modèle unique pour tous ». C’est bien ça ?

Oui, mais...

... d’un autre côté, la situation décrite dans la présente série de supports est tout à fait plausible : imaginons, par exemple, que les textes aient été écrits avant même que soit envisagé de les rassembler dans un document maître. Au nom de quoi aurait-il fallu que les rédacteurs moulent leurs textes dans un quelconque modèle ?

Donc, parfois et pour différentes raisons, la « bonne méthode à suivre » (modèle unique pour tous les fichiers d’un document maître) n’est tout simplement pas applicable.

Tu nous fais tourner en rond, là !

Et oui, mais c’est la réalité qui est souvent comme ça et ce n’est parce qu’elle n’est jamais évoquée dans les manuels, qu’elle ne doit pas être prise en compte.

De plus, les incohérences qu’il a fallu corriger, faute d’une méthode rigoureuse, nous ont, au moins, permis de bien décomposer les procédures de correction dans un document maître (édition des fichiers liés, et validation dans le fichier maître).

Par déduction, cette expérience devrait donc plutôt nous conduire aux enseignements suivants :

- Mieux vaut tout concevoir, à partir du même modèle de document, tant pour les fichiers liés que pour le document maître.

- Néanmoins, certaines erreurs peuvent favoriser de façon intéressante et constructive l’apprentissage d’une application de bureautique.

- Les mêmes erreurs, hors contexte d’apprentissage, deviennent une calamité et peuvent rapidement se payer au prix fort : perte de temps, source potentielle de nouvelles erreurs, dispersion…

Et maintenant, vous n’avez plus aucune excuse pour ne plus construire vos documents maîtres « avé la bonne méthode, té ! »

Retour à notre projet (incohérent, mais instructif).

« Standard » ou « Corps de texte » ?

Lorsque je clique dans l’un des paragraphes du premier document lié, je constate (par le sélecteur de styles) qu’il s’agit du style « Standard » (reconnaissable, notamment par la police « Times New Roman ») .

« Standard », dans OpenOffice, correspond au style fourni par défaut sur un document ordinaire ; il s’agit de l’équivalent de « Normal » sur Word.

Mais – et ce détail est très important pour la suite de l’explication – à la différence de Word, OpenOffice Writer remplace automatiquement le style « Standard » par « Corps de texte » dès que l’on utilise des styles de titres (voir support).

Dans ce qui allait servir de base à notre modèle, nous avions donc paramétré le style « Corps de texte » de façon personnalisée, avec la police « Georgia » (au lieu de « Times New Roman »).

Par contre, rien n’avait été prévu pour « Standard », car a priori, il n’y avait aucune raison que soit employé ce style dans notre modèle de document, sachant qu’il ne servirait qu’à créer des fichiers, structurés avec des styles de titres (donc sans paragraphes en « Standard »).

Le problème c’est, qu’après y avoir inséré les documents liés, notre document maître se présente de la façon suivante :

- Le style « Corps de texte » figure bien toujours dans le modèle, tel que nous l’avions paramétré (Police Georgia), mais il n’est utilisé sur aucun paragraphe.

- Le style « Standard », par contre, se retrouve sur tout le document, à la place de « Corps de texte » et il affiche une mise en forme non valide par rapport au résultat souhaité (Police Times New Roman).

Nous voilà encore avec une belle incohérence !

Mais enfin, comment ce fait-il que l’on ne retrouve pas le style « Corps de texte » dans les documents d’origine ? Il s’agit bien de fichiers structurés avec des styles de titres, non ?

Oui, nos trois rédacteurs ont bien utilisé des styles de titres, mais il se trouve qu’ils ont tous eu recours à Word pour taper leurs textes (tiens, comme c’est bizarre) et, s’il est possible de récupérer un texte Word dans Writer, ce dernier ne modifie pas le style « Normal ». Il se contente juste de le rebaptiser en « Standard », puisque le style « Corps de texte » n’existe pas en tant que tel dans Word.

Nous avons l’explication ; il reste maintenant à corriger tout cela afin que, dans notre document maître, la police du « texte » (quel que soit son style), soit bien en « Georgia » (tel que dans le modèle) et non en « Time New Roman ».

Pour cela, je n’ai trouvé que deux solutions :

- Remplacer sur tout le document le style « Standard » par « Corps de texte ».

- Modifier le paramètre du style « Standard » (passer de « Times New Roman » à « Georgia »).

D’un point de vue logique, il aurait été plus satisfaisant de choisir la première solution : sur OpenOffice Writer, sur un document structuré avec des titres, on trouve le style « Corps de texte » et non « Standard », donc, mieux vaut s’en tenir à notre modèle : le niveau « corps de texte » doit être en style « Corps de texte ».

Mais nous n’obéirons pas à la logique.

Dans notre cas, je ne vois pas d’autres solution, là encore, que d’employer l’outil « Mode tout remplir » pour remplacer « Standard » par « Corps de texte ». Il ne s’agit pas de titres, par conséquent nous ne pouvons pas utiliser le navigateur pour effectuer cette tâche.

Comme je l’ai déjà évoqué plus haut, la procédure de remplacement d’un style par un autre avec l’outil « Mode tout remplir » est fastidieuse et peu fiable. Elle n’est pas adaptée à un usage répétitif pour un texte long ; cela représente une source d’erreurs importante, car dépendant de la faillibilité humaine.

À quoi cela servirait-il d’utiliser des procédures automatiques, telles que celles mises en œuvre avec les styles, si, en définitive, on en vient à effectuer à la souris des balayages au fil des paragraphes ?

Non, notre projet restera avec le style « Standard », même s’il n’est pas logique ni normal qu’il y apparaisse. Nous le modifierons donc à l’identique du style « Corps de texte », suivant notre modèle.

Et puis en définitive, la structuration logique de notre texte reste valide : nous avons bien des titres par niveau et un « corps de texte » en style « Standard ».

Nous choisirons donc la seconde solution.

Lier les styles, le retour ?

La méthode la plus élégante pour procéder à cette correction aurait été de « lier » « Standard » à « Corps de texte » (voir support). Imaginons, en effet, qu’il n’y ait non pas un seul paramètre à dupliquer (la police) mais beaucoup d’autres (couleur, taille, espacements, etc.).
Avec la liaison, la transformation s’appliquerait automatiquement en une seule fois, sans que nous n’ayons à changer aucun autre paramètre.

Nous verrons que, malheureusement, cette liaison précise de « Standard » à « Corps de texte » n’est pas possible.

Nous n’avons donc d’autres choix que de vérifier les paramètres du style « Corps de texte » puis de les appliquer, dans un second temps, sur le style « Standard ».

Depuis la palette « Styles et formatage », je clique du bouton droit de la souris sur le style « Corps de texte », puis, sur le menu contextuel, je choisis « Modifier » :

Je clique ensuite sur l’onglet « Gérer ». Là, je trouve la raison pour laquelle le style « Standard » ne peut être lié (au sens de la liaison des styles) à « Corps de texte ».

Observez le champ « Lier à » : ce qui est paramétré correspond exactement à l’inverse de ce que nous aurions voulu faire.

Le style « Corps de texte » est lié à « Standard », ce qui signifie que le premier est dépendant du second et, comme nous le constaterons, il est impossible de renverser la dépendance entre ces deux styles.

Je vérifie, via l’onglet « Police », que ce style est bien en « Georgia », « Corps 12 » :

C’en est fini pour la vérification : je ferme la boîte de dialogue par « OK », :

Passons, maintenant à la seconde étape de la procédure : clic droit sur le style « Standard » afin de le modifier.

À nouveau, je clique sur l’onglet « Gérer ». Je trouve ici la confirmation de ce que j’indiquais précédemment : le style « Standard » ne peut être lié à aucun autre style ; il est impossible de modifier la valeur du champ « Lié à ».

Nous l’avons déjà évoqué, « Standard » est le style « par défaut » d’OpenOffice Writer, celui qui est utilisé à partir de n’importe quel « document standard », justement.

Mais, plus exactement, « Standard » est le style à partir duquel, sont, en quelque sorte, construits tous les autres styles, que ce soit directement ou indirectement.

Pour s’en convaincre, validez la boîte de dialogue par « Ok », afin de reprendre la main sur la palette « Styles et formatage », puis, sur cette dernière, activez l’option de tri « Hiérarchie » (depuis le sélecteur placé en bas de la palette).

Vous constaterez la place du style « Standard » dans la liste : tout en haut. En dessous, on trouve bien « Corps de texte ».

Voilà l’ordre « hiérarchique » dans lequel s’organisent les styles prédéfinis de Writer, et, cela, vous ne pouvez pas le modifier. « Standard » ne pourra donc jamais être lié à aucun autre style puisque c’est, au contraire, à lui que sont liés – directement ou indirectement – tous les autres styles.

Il nous faudra donc revenir sur la boîte de dialogue précédente (clic droit sur « Standard », puis « Modifier »).

Je clique sur l’onglet « Police » et je change la police de caractère : à la place de « Times New Roman » je choisis « Georgia », comme sur notre style « Corps de texte ».

Après validation par « Ok », je retrouve enfin l’apparence de mon modèle, le « corps de texte » est bien en « Georgia »…

… même s’il ne s’agit pas du style « Corps de texte » mais de « Standard ».

Bon, on passe à autre chose ?

Prochaine étape : (retour sur) la table des matières.


 

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