Lilapuce
 

supports (samedi 12 juin 2010)

Gravure [1] : les supports

Quel que soit le type de support, CD, DVD, Blu-ray, etc., il s’agit d’un disque de 12 cm de diamètre en polycarbonate (plastique). Des couches de différents matériaux sont superposées à cette base afin de protéger (physiquement) le support et d’y inscrire les données numériques.

Une variante, relativement marginale, de cette norme se présente sous la forme d’un disque de 8 cm de diamètre.

Un CD ou DVD est avant tout conçu pour stocker des fichiers informatiques. Si vous souhaitez graver sur un CD ou DVD des photos argentiques, les musiques contenues sur des K7 ou des disques 33 tours, ainsi que des vidéos provenant d’un caméscope analogique, il est donc nécessaire, en premier lieu, de numériser l’information à l’aide d’un équipement adapté (scanner pour les photos papier ou film, platine reliée à l’ordinateur pour la musique analogique, carte d’acquisition vidéo, etc.)

Une fois enregistrées sur le support, les données informatiques (par exemple, vos sauvegardes personnelles, un programme à installer, un CD-audio, un film sur DVD), sont directement lisibles et, théoriquement, récupérables sur le lecteur CD ou DVD de l’ordinateur au même titre que n’importe quelle donnée disponible sur le système.

Toutefois, il n’est pas rare que la lecture d’un CD audio ou d’un DVD vidéo ne puisse s’effectuer correctement sur un ordinateur, à cause de dispositifs anti-copie intégré au support.

Le principe d’inscription des données repose sensiblement sur la même logique, quel que soit le support : les données (binaires) sont inscrites sur le CD ou DVD en « creusant » la surface interne du disque à l’aide d’un laser porté à haute température.

Dans l’industrie, à partir du CD d’origine (master), on crée un moule en négatif afin de reproduire par pressage d’autres exemplaires en série.

Sur votre ordinateur, par contre, vous ne pourrez que graver vos CD ou DVD.

Un CD gravé est beaucoup plus fragile qu’un CD pressé. Il doit impérativement être conservé à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité ; ce qui ne l’empêchera pas, de toutes façon, d’être dégradé, voire potentiellement inutilisable au bout de 5 à 6 ans (il m’arrive toutefois d’utiliser des CD bien plus vieux !)

Il est possible de graver un CD-R avec un graveur de DVD ou de lire un CD à partir d’un lecteur de DVD.

Par contre, lecteur et graveur de CD sont incompatibles avec les DVD, ces derniers étant plus récents. De même, lecteur ou graveur DVD ne vous vous sera d’aucun recours pour traiter un Blu-Ray…et ainsi de suite.

Il est donc important, avant d’acheter des supports, de vérifier précisément la compatibilité de votre matériel.

La simplicité (apparente) des procédures de gravure, de lecture et de copie de CD ou de DVD fait de ce type de support l’un des modes d’archivage et de sauvegarde de données numériques parmi les plus courants.

Il n’est pas inutile de fournir quelques précisions sur les différentes normes de « disques » en présence, ce qui nous conduira à observer les supports au travers de leurs usages :

CD Audio

Un CD audio peut contenir jusqu’à 74 minutes de données.

Utilisé dès les années 80 par l’industrie musicale pour remplacer le disque vinyle, ce support a été le premier type de CD à être utilisé par le grand public. A cette époque, toutefois, la lecture de CD audio n’était possible que sur des platines audio (ou autre lecteurs assimilés). Ce n’est qu’à partir de la généralisation des lecteurs de CD sur les ordinateurs (années 90) qu’il a été possible de lire des CD audio, au même titre que n’importe quel CD de données sur un ordinateur.

Du fait du mode de production industrielle, l’inscription des données est réalisée par pressage et non par gravure.

Les spécifications techniques du CD-audio, notamment, l’organisation des données sur le disque, sont consignées dans un guide de référence nommé Red book. Toutes les normes suivantes de CD seront également référencées dans un guide équivalent (portant à chaque fois un nom de couleur différent).

Rien n’empêche de créer un CD audio (compatible avec les platines de salon) à partir de données personnelles, à condition de respecter ces spécifications techniques.

De même, la copie « à l’identique » d’un CD audio sur un CD-R (vierge) est une procédure technique ordinaire. Néanmoins, des systèmes de protection (DRM) – très controversés - sont fréquemment intégrés aux CD-audio afin d’empêcher les copies. Le principe de protection anti-copie se retrouve également sur un certain nombre de fichiers audio « dématérialisés » (fichiers vendus sans supports).

Depuis la généralisation d’internet, permettant notamment l’échange de fichiers « paire à paire » P2P ainsi que la pratique de nouveaux mode de production, de distribution et de consommation culturelle en ligne (musique, vidéo, animations, petits blabla personnels, etc.), on constate une baisse significative des ventes de CD audio.

D’aucuns prédisent l’inéluctable disparition du CD-audio, tout comme on avait diagnostiqué vingt ans plus tôt l’extinction fatale du vinyle (…)

L’industrie musicale n’a souvent adopté qu’une attitude strictement défensive sur ces questions, se contentant de préserver le modèle existant en le verrouillant par des dispositifs techniques de protection anti-copie et en pratiquant un lobbying politique plus ou moins subtil. Il semble que, mis devant l’obligation de constater la réalité, certains acteurs de ce secteur industriel commencent à sortir des tranchées.

La dégringolade des ventes de Cd-audio est un exemple concret, visible et spectaculaire des évolutions de l’industrie culturelle. Ces questions, assez complexes, font l’objet de débats souvent passionnés.

Cela renvoie, en réalité, à une multitude de problématiques qui vont bien au-delà de la question de la disparition ou non du CD-audio, notamment :

- les standards techniques,

- la brevetabilité du code informatique,

- la défense du logiciel libre,

- la protection du droit d’auteur,

- les différentes formes de consommation de « produits culturels dématérialisés »,

- les différentes formes d’offres de « produits culturels dématérialisés »,

- les réglementations nationales et internationales,

Etc.

A ce jour (mai 2008), l’avenir du CD-audio est encore en cours d’évolution. On en trouve encore : profitez des soldes !

CD-ROM (Compact disc Read Only Memory)

Capacité : 650 à 700 Mo pour 74 minutes.

Dans le sens commun, « CD-ROM » est synonyme de support de stockage de données « multimédia », de jeux ou de logiciels. Pour les mêmes raisons que les CD-Audio, les CD-ROM sont produits par pressage.

Même si cette norme correspond à une spécification technique précise (Yellow book) rien n’empêche (ou ne devrait empêcher) de réaliser ou de copier un CD-Rom par gravure.

Les CD-ROM (officiellement dénommés cédéroms) sont de plus en plus remplacés par les DVD-ROM, lesquels peuvent contenir plus de données.

CD-R (Compact disc recordable)

Capacité : 650 à 700 Mo pour 74 à 80 minutes.

Les CD-R (recordable pour inscriptibles) désignent les supports vierges utilisés par le grand public pour graver des données numériques.

La gravure est effectuée par le rayon laser du graveur, lequel, poussé à très haute température, désagrège de façon sélective une des couches du CD, composée d’un colorant. En anglais, pour désigner le processus de « gravure », on utilise le terme burn (brûler).

C’est devenu le classique, l’ordinaire mode d’archivage ou de sauvegarde des données personnelles, depuis que les ordinateurs sont équipés en standard de graveurs.

On utilise évidemment le CD-R pour d’autres usages ; par exemple, pour copier un CD audio (la copie privée d’une œuvre légalement acquise ne constitue pas un délit).

Contrairement au CD-RW (réinscriptible), un CD-R ne peut être gravé qu’une seule fois.

Les CD-R sont de plus en plus remplacés par le DVD-R, lesquels peuvent contenir plus de données.

CD-RW (Compact Disc ReWritable)

Capacité : 650 à 700 Mo pour 74 à 80 minutes.

Seule différence, par rapport au CD-R, le CD-RW est réinscriptible. Cela signifie que le support peut être entièrement effacé afin de procéder à une nouvelle réécriture (à ne pas confondre avec le gravure par session, que nous aborderons plus loin).

L’effacement des données est réalisé par le laser du graveur qui, poussé à certaines températures précises, transforme la couche du CD sur laquelle sont inscrites les données dans un état comparable à celui dans lequel il était avant la gravure précédente.

La lecture et la gravure de CD-RW n’est possible que sur un lecteur compatible « RW ». Ce qui n’est pas le cas, par exemple, des ordinateurs de la salle 301 ou du Kiosque (…)

DVD

Par rapport au CD, on augmente du nombre de données sur le même support par :

- Réduction du diamètre des alvéoles (par modification du type de laser).

- Augmentation du nombre de surface d’enregistrement : gravure sur les deux faces du disque à raison de deux couches par faces.

Ce qui fait que le DVD peut se décliner en quatre versions :

- Simple face simple couche : 4,7 Go pour 7 heures.

- Simple face double couche : 8,5 Go pour 13 heures.

- Double face simple couche : 9,4 Go pour 14 heures.

- Double face double couche : 17 Go pour 26 heures.

Le DVD s’est, dans un premier temps, imposé comme nouveau standard de diffusion vidéo en remplacement de la VHS.

Il s’est aujourd’hui généralisé en tant que support de stockage standard (DVD-ROM et DVD-R).

DVD-Rom

C’est l’équivalent du CD-Rom en DVD. Les éditeurs l’utilisent pour distribuer les jeux, logiciels, etc.

DVD-R

Équivalent du CD-R : enregistrement unique.

DVD+R

Considéré comme plus moderne (donc plus cher) que le DVD-R.

Cette norme permet notamment de graver le support par étapes successives sans être obligé de « finaliser » le disque ; ce qui peut s’avérer, à l’usage, d’un intérêt très contestable si la procédure technique et n’est pas réellement maîtrisée (bonjour la gâche !).

DVD+/-R

Cette indication se trouve généralement insérée dans le descriptif technique d’ordinateurs (exemple caractéristique du jargon technique intimidant).

Cela signifie simplement que le lecteur (graveur) de l’ordinateur est compatible avec les deux normes : DVD-R et DVD+R .

DVD-RW

Un support DVD réinscriptible. A noter que vous ne trouverez pas pour l’instant (2008) de DVD double couche réinscriptibles car ces deux technologies sont incompatible entre elles.

BLU-RAY

- Capacité : 25 Go (simple couche) et 50 Go (double couche).

Vite fait : on augmente encore le nombre de données sur le même support grâce à un nouveau type de laser (de couleur bleue, évidemment) …

Il y a quelques temps, une guerre commerciale s’est déroulée afin de définir quel serait le nouveau standard, successeur du DVD :

- HD DVD, champion de Toshiba, Microsoft, Intel…

- BLU-RAY, sous la houlette de Sony, Apple, HP…

Le conflit a duré quelques années, le temps de diffuser parallèlement les deux normes (lecteurs et disques).

Puis, brutalement, fin du conflit en début 2008.

Le marché a décidé : BLU-RAY ! BLU-RAY ! BLU-RAY !

Et tout ce beau monde de louer à l’unisson les vertus incontestables du vainqueur (remarquez, toutefois, que quelques mois plus tard - printemps 2008 - on trouve toujours sur le marché des produits HD DVD).

Quant aux consommateurs ayant choisi, bien imprudemment, de s’embarquer dans une norme qui s’avère être une impasse : comme dans toutes les guerres, merci les dindons !

Moralité : évitez de vous laisser embobiner par les mirages, quels que soient ces mirages.

Assurez-vous que les technologies vendues sont réellement normalisées. Ce n’est pas la première fois que cette mésaventure se produit. On demande souvent au consommateur d’essuyer les plâtres, le temps de stabiliser le marché et de définir l’émergence d’une nouvelle norme.

Pour en savoir plus sur les CD et DVD :

- Tout sur la gravure de CD :

http://www.lagravuredecd.com/

- Wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/CD

- comment ça marche :

http://www.commentcamarche.net/pc/cdrom.php3

http://www.commentcamarche.net/pc/dvdrom.php3

- 01.net :

Comment ça marche : le graveur DVD double couche

Étape suivante des supports :

Encore quelques conseils avant de graver : lisez le support