Lilapuce
 

supports (mardi 10 mai 2011)

Les fournisseurs d’accès

Quelques points en vrac :

- L’offre standardisée est aujourd’hui établie autour de 30€ pour un débit théorique de 22Mb/s (mégabits par seconde) ; ce qui comprend une offre Internet ADSL avec téléphonie et chaînes TV. Ce débit correspond donc à du « haut débit », en comparaison de ce qui était pratiqué au début des années 2000 : à l’époque, l’offre classique passait encore par le réseau téléphonique commuté (RTC) limité à 56Kb/s (kilobits par seconde) et on assistait au début de l’ADSL à 512Kb/s, voire 1Mb/s. Avec les débits actuels on peut donc envisager de faire passer énormément de données par le même support : VoIP (communications téléphoniques sur réseau national fixe intégré dans le forfait ADSL), programmes télé (super, vous pouvez accéder à la déclinaison complète des chaînes de France 3), et tous ces milliards de fichiers audio et vidéo consommés en streaming (youtube, myspace, etc.) ou téléchargés en peer to peer (emule, bittorent, etc.). Hum, bien alléchant comme offre commerciale, n’est-ce pas messieurs les opérateurs ? Un problème (ce n’est pas le seul), pourtant risque de ruiner cette description jubilatoire : le débit annoncé est, la plupart du temps très, très, très théorique, voire carrément mensonger. Comme nous le verrons un peu plus loin, il faut déjà savoir si la ligne dont vous dépendez est capable de fournir ce débit (aux Lilas, c’est visiblement loin d’être toujours le cas). Le débit est, de plus, asymétrique : il est plus important lorsque vous récupérez des données depuis le réseau (descendant) que l’inverse (montant). Dans les faits, le débit montant est rarement supérieur à 1Mb/s.

- Le nombre d’opérateurs se réduit (concentration industrielle). Le dégroupage (offre de services télécoms hors monopole) implique des moyens financiers lourds. La mise en place du très haut débit (100Mb/s) passe notamment par un déploiement d’un réseau de fibre optique de nouvelle génération.

- Malgré la propagande publicitaire racoleuse et tapageuse et ennuyeuse, force est de constater qu’il n’est pas toujours facile à un béotien d’installer une connexion ADSL chez lui.

- La qualité de service des fournisseurs d’accès est toujours globalement désastreuse.

- Les problèmes rencontrés touchent à plusieurs niveaux de difficultés distincts, qui peuvent, d’ailleurs, se cumuler :

1) Qualité plus ou moins performante de la boucle locale, laquelle correspond à ce tronçon de ligne qui relie le répartiteur de l’opérateur au particulier. La longueur de ce tronçon (au-delà de 3000m, devient problématique) ainsi que la qualité technique de la ligne proprement dite (parasitage électromagnétique, isolation, blindage, etc.) peuvent contribuer à une dégradation importante du débit annoncé.
La qualité de la boucle locale devrait être le premier critère technique « objectif » qui permet d’évaluer concrètement le débit réel d’une ligne. Sur le petit périmètre de la ville des Lilas, la qualité de la boucle locale est très variable : d’après plusieurs témoignages, le débit théorique annoncé par FT est plafonné à 1Mb/s maxi ! Dans mon cas, avec 9 Megas théoriques (pour 5Megs réels) je dois donc m’estimer très heureux. La boucle locale est précisément ce qui a longtemps constitué le monopole d’État de l’opérateur historique en Europe (France Telecom en France, Deutsche Telekom en Allemagne, British Telecom in England, etc.). Le monopole est tombé en 2004 ; il est désormais possible qu’un opérateur prenne intégralement en charge l’intégralité du service TELECOM. On parle alors de dégroupage global. Il faut savoir que les opérateurs privilégient leurs clients « dégroupage global ». Il faut savoir, également, qu’une interruption de service en dégroupage global (moins cher) entraîne une perte complète de chacun des services (téléphone, internet, télé).

2) Autre source de problème récurrent rencontré par les consommateurs : la mauvaise coordination entre opérateurs (quand il ne s’agit pas de mauvaise foi), en cas de dégroupage partiel, c’est-à-dire lorsque la gestion du service ADSL est partagée. La boucle locale étant, dans ce cas, entièrement sous la responsabilité de France Telecom alors que le service ADSL dépend d’un fournisseur d’accès Internet.

3) Tout n’est pas forcément de la faute des autres. A ce sujet, qu’en est-il de votre installation téléphonique ? En particulier, si votre ligne est ancienne et – ou plus ou moins « bricolée maison », avec des prises comportant des condensateurs, peut-être rencontrerez –vous quelques problèmes. Le tout, c’est de le savoir, et, malheureusement, ces considérations sont rarement présentées au moment de l’achat. C’est, d’ailleurs, un très bon exemple de la tartuferie des opérateurs ADLS : on vante la simplicité d’accès aux nouvelles technologies et, après l’achat, au moment de vous connecter, on vous demande de vérifier si vos prises téléphoniques comportent des condensateurs…

4) Matériel défectueux du fournisseur d’accès. Eh oui cela peut arriver (j’en suis témoin) : la box tout droit sortie du carton est parfois tout simplement HS. Le problème c’est que lorsque vous branchez l’installation en suivant le guide et que « ça ne fonctionne pas » ; il n’est pas toujours facile de savoir d’où vient le problème : la ligne, la box, vous, l’autre, le monde entier. Si vous avez la chance d’avoir un ami abonné au même opérateur (en fait, un ami voisin), vous pourrez alors tester la ligne en utilisant sa box. Si vous arrivez à vous connecter avec la box du voisin alors que la vôtre ne donne rien, il ne reste plus qu’à retourner le matériel et attendre. Par contre, si vous ne connaissez personne qui peut vous prêtre une box, cela peut devenir un peu plus délicat, car, comme il est indiqué ci-dessus, vous pouvez faire les frais de la guerre commerciale à laquelle se livrent vos opérateurs. Il peut arriver, en effet, (là encore, témoin) qu’en cas de dégroupage partiel, contrairement à ce qu’affirme votre fournisseur d’accès internet, vous n’ayez pas réellement encore votre ligne ADSL (Hou ! Hou ! France Telecom !). Du coup, si vous n’arrivez pas à vous connecter à Internet, vous en déduirez logiquement que, d’après le fournisseur d’accès, c’est la box qui est en cause, (alors, qu’en réalité, c’est la ligne : Hou Hou !). Et vlan, plusieurs semaines d’attente pour un faux problème. Et vlan, les prélèvements qui défilent du compte bancaire. Le temps perdu. Les crises de nerfs.

5) Dernier maillon faible avant vous : le système informatique ; en particulier, la connexion à la box. Dans le cas général, les fournisseurs d’accès proposent trois modes de connexion : Ethernet, USB, WIFI. Un très net penchant frustre et rustique me pousse à privilégier la connexion classique Ethernet : si votre ordinateur possède une carte réseau (ou un port Ethernet intégré à la carte mère) on branche le fil, c’est simple, direct, rien à installer et on n’en parle plus (à condition de vérifier de temps à autre qu’il n’y a pas un pied de chaise qui écrase le câble). Force est de reconnaître que la solution manque un peu d’élégance : les câbles, les moutons, etc. tout cela n’est très sexy, surtout à l’heure où les technologies informatiques deviennent de plus en plus « portables ». C’est la raison pour laquelle la norme Wifi semble s’imposer comme la solution du moment, puisqu’il s’agit du mode de connexion sans fil le plus répandu, proposé désormais sur toutes les box internet du marché ainsi que sur la plupart des ordinateurs, notamment les portables. Ce type de connexion, cependant, peut poser un certain nombre de difficultés ou de problèmes : d’une part, la configuration logicielle du dispositif doit être paramétrée pour d’évidente questions de sécurité et, d’autre part, on peut constater des cas d’instabilité de la connexion elle-même du fait de la configuration du lieu (parois, étages, interférences avec d’autres dispositifs émettant des ondes, etc.). Enfin, autre type de connexion : USB, qui me semble être la dernière des solution à préconiser pour relier votre ordinateur à la box. Dans ce cas, en effet, vous êtes obligé d’installer un pilote pour que votre ordinateur reconnaisse la box comme s’il s’agissait d’un périphérique exotique, alors que la connexion réseau (Ethernet ou Wifi) est standardisée. Gardez plutôt vos ports USB pour les clefs, appareils photo, scanner et autre Ipod.

Malheureusement, force est de reconnaître que d’autres problèmes, après la connexion, peuvent intervenir sur le système informatique (votre ordi, quoi) et vous empêcher d’accéder à Internet. La liste de ces dysfonctionnements serait trop longue à énumérer. Oui vraiment trop longue, et d’ailleurs : hommage à tous les hotliners du monde des fournisseurs d’accès pour le travail ingrat qu’ils doivent effectuer lorsqu’ils essayent de démêler les situations de chacun de leurs infortunés interlocuteurs ! Mais combien de situations de blocage et de dysfonctionnement pourraient être évitées si les CD de connexion restaient dans le fond du colis, sans qu’ils soient utilisés. Considérant que la connexion à Internet est désormais prévue par tous les systèmes d’exploitation, il est préférable de passer par là plutôt que par les procédures proposées par les fournisseurs d’accès au travers de leur CD de connexion. Les processus qui sont exécutés sur ces CD sont relativement opaques : ils installent tout une série de programmes redondants et parfois inutiles, imposent des modes d’accès et d’usage et compliquent ainsi la compréhension d’Internet alors qu’ils sont sensés la simplifier.