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supports (mardi 2 octobre 2012)

Les guillemets dans le détail

À première vue, l’insertion de guillemets dans un document de traitement de texte ne devrait poser aucun problème particulier : il suffit de taper une fois sur la touche « guillemets » du clavier pour « ouvrir », puis une seconde fois, après avoir déplacer le point d’insertion, pour « fermer » (nous verrons ceci en détail plus bas).

Toutefois, comme on me le signale souvent, il arrive que - pour une raison incompréhensible - le programme se montre franchement contrariant : au lieu de fournir la symétrie attendue, le chameau affiche deux guillemets consécutifs ouvrants.

Complètement incohérent cet ordinateur ! Tantôt me sort les bons guillemets et, tantôt, sont de travers. N’importe quoi. »

Eh bien non.

Et contrairement à ce que ce j’ai l’habitude de raconter en atelier - de façon générale, en informatique, vous avez intérêt à savoir répondre au « comment ? » plutôt qu’au « pourquoi ? » - le cas du « double guillemet ouvrant » ne peut être considéré comme définitivement réglé que si l’on comprend exactement ce qui se passe.

Ce support reprend donc la question « guillemets » dans le détail, ce qui permettra, non seulement de montrer comment obtenir à tous les coups les bons caractères mais, aussi, de fournir quelques (apparentes) digressions ayant, en réalité, un rapport évident avec notre sujet.

Ajout de guillemets sur un texte

Partons de l’hypothèse que vous avez déjà tapé votre texte et qu’il faille ajouter des guillemets. Je prends cette situation en exemple, car c’est bien souvent dans un contexte de correction - saisie des guillemets sur un texte existant - que se produit le problème évoqué ci-dessus.

L’explication est présentée, dans un premier temps, à partir de l’interface d’OpenOffice Writer mais, afin de lever toutes ambigüité, vous aurez également droit, à la version Word du problème ; ce qui nous permettra de vérifier que, sur ce point, les deux programmes réagissent exactement de la même façon et que les différences ne tiennent qu’à quelques détails de présentation.

Afficher les caractères invisibles

En premier lieu, comme il est souvent nécessaire de le faire pour bien comprendre ce qui se passe sur votre traitement de texte, je vous conseille d’afficher les caractères invisibles (voir support).

Pour cela, je rappelle qu’il faut cliquer sur le bouton « Pied de mouche » placé dans la barre d’outils. Nous voyons ainsi tous les caractères qui ne seront pas imprimés mais que vous avez tapés ; par exemple, les retours chariot, en fin de ligne (symbolisés, justement par le Pied de mouche) ainsi que les espaces (points centrés en hauteur, à ne pas confondre avec le signe de ponctuation).

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Imaginons qu’il faille placer l’Agnelle entre guillemets. Pour cela, vous cliquez afin de positionner le point d’insertion juste devant l’expression.

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Vous tapez ensuite le premier guillemet. Voici pour rappel à quel emplacement du clavier se trouve la touche. Il s’agit d’une touche à trois positions mais, comme le guillemet occupe celle de gauche, ce caractère apparaitra si vous appuyez directement sur la touche, sans autre formalité :

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La preuve ci-dessous. Vous remarquerez que le traitement de texte affiche d’emblée les guillemets à la française (paire de chevrons : « ) pour peu que le français soit paramétré comme langue principale sur le programme (ce qui est le cas, si vous téléchargez et installez OpenOffice tel qu’indiqué sur ce support)

Une chose importante, qui ne peut être vue qu’avec l’affichage des caractères non-imprimables, doit être signalée à ce moment précis de la saisie : remarquez qu’un espace (point vertical) s’est intercalé entre le guillemet et le « l » apostrophe. De plus, une petite barre grise se superpose à cet espace.

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Espace insécable

Première précision : l’espace a bien été inséré automatiquement avec le guillemet. C’est une règle typographique appliquée d’office par votre programme : le caractère guillemet « ouvrant » doit être accompagné d’un espace, intercalé entre le guillemet et le mot suivant.

Deuxième chose à savoir : il s’agit d’une sorte d’espace particulier (d’où le fond gris). On appelle cela une espace insécable.

Les puristes de la typo se distinguent du commun des mortels à ce genre de détail ; on dit une espace (même si, parmi eux, certains ne savent pas toujours expliquer la raison de cette féminisation).

Plus essentiel : c’est une espace insécable qui doit être ajoutée au guillemet, parce qu’une espace insécable ne sera jamais utilisée pour passer le texte à la ligne ; contrairement à l’espace « normal(e) », placé(e) entre les mots et que le traitement de texte utilise pour « chasser » le texte automatiquement d’une ligne à l’autre.

Dans le cas présent, le fait d’intercaler l’espace insécable au guillemet permet d’éviter, au cas où le texte serait modifié (ajout ou suppression de caractères), que le guillemet soit séparé du mot suivant et s’affiche seul en fin de ligne (ce qui serait fort laid).

Remarquez que, pour les mêmes raisons, la règle de l’espace insécable s’applique également à d’autres caractères ; notamment certains signes de ponctuation tels que deux points et point virgule (dans le cas de ce dernier, il s’agit d’une espace fine, qui comme le nom l’indique est moins large que l’espace).

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Insertion manuelle d’une insécable

Dernière précision au sujet des insécables : rien ne vous empêche d’insérer ce type ,d’espace manuellement, par exemple entre « Louis » et « XVI » (Louis XVI), ceci afin d’éviter, qu’au gré des modifications apportées sur le texte, une partie du nom soit coupée de l’autre (même si, par le passé, son propriétaire fût, quant à lui, décollé) par un retour automatique à la ligne.

Pour cela, au lieu de taper simplement sur la barre d’espace, il faut effectuer le raccourci clavier suivant :

- de la main gauche, vous enfoncez en même temps MAJ et CTRL (index plaqué sur ces deux touches, par exemple)

- tout en conservant la pression de la main gauche, vous appuyez brièvement, de l’autre main, sur la touche Espace.

Le raccourci « MAJ-CTRL+Espace », pour insérer une espace insécable, est désormais utilisable à la fois sur Word et OpenOffice Writer.

Ajout du second guillemet

Revenons à notre exemple afin de taper le second guillemet. Pour cela, il suffit de placer le point d’insertion derrière la dernière lettre du mot :

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Et d’appuyer à nouveau sur la touche « guillemets » du clavier. C’est bien ce que nous avions indiqué au début du support : la même touche permet d’ouvrir et de fermer les guillemets.

Le traitement de texte ajoute alors le second guillemet, « fermant », lequel est accompagné d’une espace insécable, placé, cette fois-ci, « devant », en sorte que le guillemet ne soit jamais séparé du mot qui le précède par un retour à la ligne automatique.

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Normal, tout va bien.

Pourquoi, alors, dans certains cas, le second guillemet ouvre à nouveau au lieu de fermer ?

Pour répondre à cette question, le mieux est encore de reprendre le texte en l’état et de lui faire subir quelques corrections.

Après avoir vérifié que le point d’insertion est bien placé derrière le second guillemet, j’appuie sur la touche « Retour arrière » (Backspace) du clavier, laquelle – vous ne l’ignorez plus désormais – se trouve au-dessus de la touche « Entrée » et permet d’effacer les caractères placés à gauche du point d’insertion.

Première pression, le guillemet disparaît :

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Deuxième Retour arrière, l’espace insécable est effacée :

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Et (allez savoir pourquoi) j’appuie une fois sur la barre d’espace ; une erreur, puisque cet emplacement correspond à la fin d’une phrase, donc marqué par un point et que la règle typographique en la matière prévoit que l’espace doit toujours être placé après le point et non avant.

Mais c’est typiquement le genre de fausse manipulation qu’il est fréquent d’effectuer lorsque l’on corrige un texte. Notez bien, cependant, qu’il est assez facile de repérer de genre de fautes, pour peu que les caractères invisibles sont affichés.

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Imaginons que n’ayant pris garde qu’il y a cet espace en trop, derrière Agnelle, l’idée me vienne, quelques temps après, d’ajouter le guillemet.

C’est précisément dans ce contexte-là que le programme ajoute un second guillemet « ouvrant » au lieu du fermant :

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Conclusion : pour éviter de taper deux guillemets ouvrants successifs, il est indispensable qu’il n’y ait aucun espace de part et d’autre de l’expression à mettre entre guillemets.

La règle vaut évidemment en correction comme en cours de saisie. Autrement dit, quel que soit le contexte, pensez toujours à placer directement ces caractères directement devant et derrière l’expression à mettre entre guillemets.

Un petit tour sur Word

Comment réagit le traitement de texte de Microsoft à propos des guillemets ?

Réponse : dans le principe, c’est exactement comme sur OpenOffice.

Il n’y a que quelques aspects mineurs d’affichage qui diffèrent. Les quelques vues qui suivent nous donneront l’occasion d’en faire la présentation.

Comme sur OpenOffice, je vous recommande d’afficher les caractères invisibles en cliquant sur le bouton « pied de mouche ». Vous constatez que Word affiche les mêmes symboles de caractères non-imprimables, à cette différence près de l’espace insécable qui prend (ci-dessous, sur la troisième ligne devant le point-virgule et derrière le premier guillemet), l’apparence d’un petit cercle placé en position haute (alors qu’OpenOffice affiche un fond tramé gris).

Ce petit cercle ne correspond nullement au symbole degré (°) : il s’agit bien d’un caractère non-imprimable. Il suffit de cliquer à nouveau sur le bouton « pied de mouche » pour s’en apercevoir : il disparaîtra de l’écran.

Je recommence la manipulation que nous avions expérimentée sur OpenOffice : après avoir tapé le premier guillemet, j’insère un espace (mot) derrière Agnelle

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Remarquez que, dans le cas présent, si la correction grammaticale est activée (réglage à effectuer par le menu « Outils / Options / Grammaire et orthographe / cocher :"Vérifier l’orthographe au cours de la frappe" »), Word identifie immédiatement la faute en soulignant le mot d’un trait ondulé vert.

Ce signal permet d’ailleurs d’anticiper l’erreur du second guillemet ouvrant car, en cliquant du bouton droit de la souris sur le mot souligné, on active un menu contextuel lequel propose de remplacer l’expression en ôtant l’espace en trop, placé devant le point.

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Mais imaginons que cette correction n’ayant pas été faite, je tape le second guillemet, après avoir placé le point d’insertion entre l’espace et le point. Là encore nous constatons un second guillemet ouvrant s’affiche à la place du fermant.

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Il me faudra donc ôter ces trois caractères (insécable, guillemets, espace) ...

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… puis appuyer simplement sur la touche « guillemets » pour tout remettre dans l’ordre :

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