Lilapuce
 

supports (mercredi 10 octobre 2012)

Déf. & réso. [3] : différences mosaïque - Bitmap

Résumé de l’épisode précédent : Similitudes entre mosaïque et Bitmap : 1) Les pixels, comme les tesselles composent l’image par juxtaposition de modules colorés (effet visuel). 2) La définition d’une image indique le nombre de pixels. 3) Pour un « modèle identique » (motif de mosaïque ou prise du vue sur APN ) plus le nombre « modules » (tesselles-pixels) est élevé, plus l’image sera détaillée. 4) Peut-on parler de « mosaïque haute déf » et « mosaïque basse déf » ? Oui, si l’on s’en tient uniquement au nombre de tesselles et non à leur taille. 5) Une image « haute déf », semblera plus détaillée qu’une basse déf à condition qu’elle ne soit pas rééchantillonnée. De même, la différence entre mosaïque « haute déf » et basse « déf » s’estompe avec la distance.

Pixels, une affaire de codage

Première différence essentielle, comme je l’ai déjà évoqué : contrairement aux carreaux de mosaïque, les pixels des images numériques ne sont pas des objets matériels.

Mais oui : nous sommes dans le domaine numérique, ne l’oublions pas. D’ailleurs, tant qu’il s’agit d’un fichier informatique, l’image elle-même n’est qu’une pure abstraction.

Pas convaincu ?

Vous pensez vraiment que l’image qui s’affiche sur votre navigateur est d’abord passée avec ses petits pixels carrés par les tuyaux d’internet ?

Bien sûr que non, tout le monde a désormais bien compris ce que signifient « virtuel » ou « dématérialisé ».

Peut-être est-il est nécessaire, toutefois, de rappeler de façon très schématique, comment se créée une image numérique.

Voyons le cas d’une photo sur un APN (le principe est sensiblement le même lors de la numérisation d’un document avec un scanner).

Au moment de la prise de vue, le signal est analysé par un capteur afin de mémoriser l’information. Pour cela, l’image capturée sera transformée en un quadrillage régulier de points.

Cette opération, dite « d’échantillonnage », permet de coder plus ou moins finement le signal sous forme de données binaires (0 et 1), qui rappelons-le, est la seule manière de traiter des données informatiques. Comme nous l’avons déjà observé, plus le nombre de points est important plus il sera possible d’obtenir une image détaillée. Voilà pourquoi il est important de régler le niveau de définition sur L’APN avant de procéder à la prise de vue.

L’image numérique, sous forme de fichier, n’est donc rien d’autre qu’une « carte de points » – les fameux pixels – chaque pixel étant défini par une position dans le plan ainsi que par un codage numérique correspondant à une couleur (nous y reviendrons).

En éditant ce code, à l’aide d’un logiciel, l’image s’affiche alors sur un périphérique (par exemple, l’écran). L’information quitte le monde virtuel pour être, en quelque sorte, matérialisée.

Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’il est possible d’établir le type de comparaison auquel nous nous livrons actuellement avec la mosaïque.

Pour autant, nous ne devons jamais oublier que, ce que nous voyons en tant qu’image, est généré par un code informatique, dont l’essentiel ne consiste (rappelons-le) qu’à conserver en mémoire une grille de pixels, et pour chaque pixel, une position ainsi qu’une couleur.

Et ce n’est que cela qui nous intéresse ici, car ce sont ces données qui constituent réellement les paramètres de l’image, ce qui compose l’information visuelle.

Du fait de cette dématérialisation de l’image Bitmap, son affichage – la place occupée physiquement sur une surface – n’est pas définit une bonne fois pour toute. Ce paramètre est complètement variable en fonction du matériel chargé d’afficher l’information.

Ce qui n’est pas le cas de la mosaïque qui est matériellement établit une bonne fois pour toutes, même si nous avons vu que l’effet visuel est variable en fonction du déplacement dans l’espace.

Contrairement à la mosaïque, la modification de la place occupée par l’image numérique dans le champ visuel ne se limite pas à un déplacement dans l’espace. Il revient au photographe, à l’illustrateur et même à l’usager, de contrôler les paramètres d’affichage d’un fichier bitmap, compte tenu :

- de la définition de l’image,

- de la dimension souhaitée,

- des caractéristiques matérielles du périphérique de sortie.

Une combinaison de paramètres sur lesquels nous reviendrons quand nous aborderons la résolution.

Un pixel, une couleur

Autre différence, celle-là plus évidente, entre mosaïque et image numérique : les carreaux de la mosaïque par leur mode de fabrication, comportent des nuances de couleur qui seront visibles à l’intérieur même de chaque tesselle. De même, rien n’oblige à employer, comme Nadia, des carreaux de taille identique. On peut très bien utiliser des tesselles de tailles et de formes différentes :

Ci-dessus un détail de la mosaïque d’Émile, sur laquelle on distingue plusieurs nuances de teinte sur de chaque tesselle, ainsi que des variations de forme et de taille.

Deux caractéristiques, concernant les tesselles, qu’il est absolument impossibles à obtenir avec des pixels. Nous l’avons déjà abordé : une image bitmap est un quadrillage régulier de pixels, de proportions rigoureusement identiques (carré ou rectangulaire, cela n’a que peu d’importance) et chacun correspondant à une seule couleur.

Et nous en avons fini avec notre comparaison entre la mosaïque et l’image numérique, car il est temps de revenir en détail sur les spécificités de cette dernière afin de ne pas s’emmêler les pinceaux dans les pixels, la définition et la résolution.