Lilapuce
 

supports (samedi 17 janvier 2009)

Masque d’écrêtage

Résumé de l’épisode précédent : le mode masque permet d’affiner les contours d’une sélection à l’aide d’outils de dessin (par exemple, le pinceau). La sélection est matérialisée par un aplat de couleur stocké sur une couche Alpha (transparente). En mode masque, on ne peut qu’ajouter ou supprimer des pixels sur la couche (éventuellement, en jouant sur l’opacité). Quel que soit l’outil de dessin, le mode masque permet de travailler de la façon suivante : la couleur noire ajoute des pixels, alors que la blanche en ôte. A l’aide de la touche X du clavier, je peux intervertir les couleurs de premier plan et d’arrière plan.

La technique du masque d’écrêtage, objet du présent support, fait appel à une logique de traitement très proche de celle que nous avons mise en pratique avec le mode masque. Cette proximité, justement, peu devenir problématique si elle n’est pas maîtrisée ; car les risques de confusion sont importants.

C’est la raison pour laquelle, que je vais essayer, dès maintenant, d’apporter quelques précisions sur ce qui distingue « mode masque » et « masque d’écrêtage » :

- le mode masque n’est qu’un mode de traitement des sélections plus convivial. Disons pour simplifier que vous avez à votre disposition deux représentations possibles d’une sélection : le mode standard, avec une délimitation en pointillé clignotant ; et le mode masque qui permet de travailler directement sur la couche Alpha de la sélection ; en ajoutant ou en ôtant de la matière. Le mode masque ne fait nullement appel aux calques.

- le masque d’écrêtage repose avant tout sur la gestion de calques associés les uns avec les autres. Il est possible, ainsi, d’afficher ou de masquer certaines parties d’un calque A à partir d’un calque B (j’adore !). Il s’agit d’une technique de détourage admirable, car, contrairement à d’autres (cette puante commande « Extraire »), elle offre l’intérêt d’une totale réversibilité.

Mode masque et masque d’écrêtage ne s’opposent pas, bien au contraire. Le fait de remplir un masque d’écrêtage à partir d’une sélection préalablement traitée en mode masque est une opération très ordinaire. Pour autant, comme nous allons le vérifier sur ce support, chaque technique correspond à une phase précise, distincte et non interchangeable du traitement de l’image.

A l’étape précédente, nous avions donc enregistré (tiens, pour une fois, je vous embarque dans mon histoire) la sélection du personnage. Pour cela, nous avions été au plus simple : prendre notre sujet par l’extérieur, c’est-à-dire le fond. Nous avions même enregistré la sélection en l’état (en lui donnant comme nom « détourage= FOND »).

Peu importe qu’il s’agisse du fond ou du personnage, puisqu’il est toujours possible, selon le principe photographique du Néga-Posi, d’obtenir la sélection de l’un à partir de l’autre, grâce à la commande « Intervertir ».

Nous avons donc notre sélection en mémoire, nous pouvons désormais passer à l’étape suivant : le détourage. Pour cela, puisque j’ai choisi (oui, là c’est moi…) d’utiliser la technique du masque d’écrêtage, je dois donc impérativement afficher la palette calque.

Sur la vue ci-dessous, le calque s’intitule Calque 0. Il est possible, si vous observez une autre image sur votre ordinateur, que la palette affiche un calque intitulé Arrière plan, lequel, est, de surcroît, probablement cadenassé. C’est effectivement le cas de toute image récupérée par Photoshop notamment depuis un APN (appareil photo numérique).

Ces différences sont relativement anecdotiques ; elles n’ont aucun impact sur la suite des opérations. Toutefois, si le fait d’être en présence d’un calque cadenassé, de plus, intitulé Arrière-plan vous chagrine, sachez, qu’il suffit de double-cliquer sur la mention « Arrière plan » et ensuite de valider par OK. Vous serez alors en conformité avec notre modèle (Calque 0, déverrouillé) et, de façon plus générale, vous saurez comment déverrouiller une image d’arrière plan.

1) Création d’un calque vide placé sous le calque à détourer

Je vais avoir besoin de créer un nouveau calque (décidément, je reprends la main en solitaire). Pour cela je peux utiliser l’icône idoine de la palette calque (la deuxième en partant de la droite). Le problème c’est qu’en cliquant tout simplement sur cette icône, le nouveau calque sera placé au-dessus du calque actif (Calque 0) et qu’il sera intitulé, par défaut, Calque1.

C’est embêtant, car, justement, je souhaite – et ceci est très important, pour la suite - que le nouveau calque soit placé en-dessous du calque actif. En plus, par soucis de clarté, je préfère donner à ce calque un nom personnalisé.

Bien sûr, je sais qu’il est toujours possible, après coup, de déplacer un calque dans la palette et de le renommer. Oui c’est possible, mais honnêtement, il s’agit là du genre de manipulation sans intérêt qui, à forte dose, fait perdre toute saveur à l’usage du programme.

Comme je suis plutôt répulsif à l’idée de perdre du temps sur des tâches inutiles (et assez peu excitantes), j’ai retenu une bonne fois pour toutes la combinaison me permettant d’un seul coup de :

- créer un nouveau calque

- placer ce nouveau calque en-dessous du calque actif

- le nommer

Et cette commande, c’est : CTRL-ALT+Clic sur l’icône nouveau calque.

Une boîte dialogue me confirme, qu’au moins, deux de ces trois options sont en cours d’exécution.

Je commence par nommer ce nouveau calque (avec une faute) : masque ecrêtage.

Je clique sur OK

Ce nouveau calque, intitulé « masque ecrêtage » est bien placé en-dessous du Calque 0. Pour l’instant, il ne s’agit encore que d’un calque ordinaire.

2) Se placer sur le calque image et « associer au calque précédent »

Important : je dois, dans un premier temps, sélectionner le Calque 0, sur lequel se trouve donc l’image à détourer.

Puis ensuite, je clique sur le « Menu Calque / Créer un masque d’écrêtage ». Sur des versions plus anciennes de Photoshop, on obtient exactement le même résultat par Associer au calque précédent.

Là encore, plutôt que de passer par ce menu, vous avez tout intérêt à utiliser le raccourci clavier permettant d’arriver au même résultat : CTRL+G (quelle que soit la version de Photoshop).

Observez bien le résultat, sur l’image ci-dessous.

Dans la palette calque, le Calque 0 est désormais décalé sur la droite, par rapport à celui qui juste en dessous, masque ecrêtage. Remarquez, également, la petite flèche courbée en direction de ce « calque précédent ». Dernière constatation : l’image du Calque 0 n’apparaît plus dans la fenêtre.

Vous avez sous les yeux le dispositif du masque d’écrêtage ; c’est un repère visuel important, que je vous conseille de mémoriser pour bien comprendre la logique :

- l’ordre des calques : un calque image Calque 0, placé au-dessus d’un calque transparent masque ecrêtage

- créer un masque d’écrêtage : Calque 0 est associé au calque précédent masque ecrêtage (CTRL+G)

- conséquence : Calque 0 devient transparent, tout comme masque ecrêtage, auquel il est désormais associé.

Ce n’est pas fini !

3) Remplir de pixels le masque d’écrêtage

A présent, que le dispositif est en place, il va falloir travailler ; car mon image a totalement disparue et, n’oublions pas, l’objectif consiste à détourer le personnage.

Pour ce faire, il est nécessaire de cliquer sur le calque masque ecrêtage (dans la palette calque), car c’est en ajoutant des pixels sur ce calque transparent, que je vais faire apparaître, de façon sélective, l’image du calque associé (Calque 0).

Ouhlà… en général, quand j’arrive à cette étape de l’explication, mon interlocuteur me regarde plutôt bizarrement. Effet cumulé en groupe.

Essayons, sur ce support, d’être le plus précis possible. Reprenons étape par étape :

- je vérifie donc que le calque masque ecrêtage est activé

- je vais chercher la sélection que j’avais mémorisée (que nous avions mémorisée) à l’étape précédente : Menu sélection / Récupérer la sélection.

Je déroule, ensuite, la liste des couches mémorisée pour récupérer mon détourage= FOND.

Important : avant de valider par le bouton OK, je clique sur la case à cocher « Inverser », car ne l’oublions pas, la sélection contient, comme son nom l’indique, le fond ; et moi, c’est justement l’inverse qu’il me faut : le personnage détouré. D’où l’importance des noms données aux sélections.

Une fois cette vérification faite, je peux cliquer sur OK !

Voilà la sélection qui apparaît sous la forme classique du contour pointillé.

Avant d’aller plus loin, je vérifie une dernière fois que je suis bien positionné sur le calque masque ecrêtage.

Il ne reste plus, comme je l’ai indiqué précédemment, qu’à remplir de pixels. Par convention, il est préférable que ce soit en noir. Au besoin pour rétablir Premier plan – Arrière plan = Noir – Blanc, je peux appuyer sur la touche D du clavier.

Une fois que j’ai bien vérifié que le noir est la couleur de premier plan, je peux effectuer mon remplissage ; pour cela je vous recommande (encore) un raccourci clavier : ALT+ Retour Arrière (remplir avec la couleur de premier plan).

En guise de récapitulatif, regardez bien, ci-dessus, la palette calque. Tout ce qui est à savoir sur le principe du masque d’écrêtage y est indiqué.

D’autres supports nous attendent : regardez donc comment réaliser un dégradé !