Lilapuce
 

supports (jeudi 10 avril 2008)

Message d’alerte incongru

Ce support restitue une situation qui s’est déroulée lors d’un atelier Internet, en avril 2008.

Comme d’habitude, la séance débute par l’interrogation rituelle : « avez-vous des questions que vous souhaitez aborder ? »

L’une des participantes répond alors qu’un message d’alerte s’affiche systématiquement, sur son ordinateur portable, à l’ouverture de Windows.

Le message est plutôt difficile à interpréter (nous le verrons en détail un peu plus bas).

La seule réponse trouvée jusqu’à présent, par cette personne, consiste à cliquer sur le bouton de fermeture de l’alerte. Cela ne l’empêche pas d’utiliser son ordinateur, mais une désagréable impression subsiste : impossible, à première vue, d’identifier le programme qui est à l’origine de ce message ni d’en connaître la cause. Est-ce grave ou complètement anodin ? Aucune idée.
Notre amie commence à se demander s’il va falloir vivre avec ce message d’alerte. Tout porte à croire que d’autres alertes peuvent ainsi jaillir du tréfonds du système et accompagner l’affichage du bureau d’une multitude de petits textes moqueurs et abscons. Presque le début du cauchemar.

Comme beaucoup d’entre vous, cette personne est venue avec son ordinateur. Il s’agit d’un Amilo L 1310 G, de marque Fujistu-Siemens.

C’est parfait !

Je propose alors de bousculer le programme de notre séance, afin de consacrer l’essentiel de notre soirée à cette situation.

Le but du jeu consiste à essayer de proposer une méthode de résolution de problème qui peut être appliquée à bon nombre de situations similaires.

On décompose donc étape par étape :

Repérer le contexte et la fréquence de l’alerte

Première suggestion : lorsqu’un message d’alerte s’affiche ainsi à l’écran, essayez de repérer dans quel contexte il est apparu la première fois puis, renouvelez l’observation les fois suivantes ; notez également à quelle fréquence votre système vous les impose.

Si nécessaire, assurez-vous que vous connaissez les caractéristiques de votre équipement, type d’ordinateur, système, processeur, etc. (voir support) Vous en aurez besoin pour la suite des opérations.

Essayez d’identifier si l’apparition du message, puis sa disparition ont entraîné une quelconque modification de votre système (baisse de performance, nouvelle icône, etc.)

Observez si ces alertes successives proposent toujours un contenu identique.

Un contenu, mais, quel contenu ?

Eviter le clic impulsif

Cela peut sembler trivial à certains, mais l’observation d’un nombre important d’utilisateurs adoptant le même type de comportement, m’oblige à préciser qu’il est préférable de ne jamais cliquer sur la case de fermeture d’une alerte sans avoir pris connaissance de son contenu.

Même si le message l’alerte vous semble totalement incongru, essayez de réfréner le clic impulsif, le clic réflexe qui escamote l’élément perturbateur.

Prenez l’habitude de lire avant de cliquer, même si c’est écrit en anglais ; même si, quelle que soit la langue, le contenu du message est, à première vue, totalement incompréhensible. Essayez toujours d’interpréter, de repérer les mots clés.

Il faut savoir que, souvent, les expressions les plus rebutantes sont, en fait, celles qui permettent de dénouer une bonne partie des dysfonctionnements informatiques. Peut importe, à la limite, que ces expressions soient compréhensibles. Malgré les apparences, les codes d’erreur, les acronymes barbares, les expressions techniques peuvent devenir vos meilleurs alliés pour reprendre la main sur votre PC. En général, les mots doux et galants vous permettront difficilement de résoudre les pannes de votre ordinateur ; on peut le regretter mais c’est comme ça.

En fait, plutôt que de réfuter la logique de l’autre, vous gagneriez à essayer de l’utiliser, à défaut de la comprendre. On vous envoie un signal que vous ne comprenez pas et vous interprétez cela comme une agression ? Bon, d’accord. Mais une fois passé l’orage, il serait peut-être temps de prendre le dessus ; de comprendre ce qui vous est arrivé afin d’éviter que cela ne se reproduise. Bref, je vous propose de mener une enquête.

Oui ! La plupart du temps, ce type d’investigation est tout à fait à votre portée : vous n’êtes vraisemblablement pas la seule personne à rencontrer ce problème. Internet va vous aider à comprendre ce qui vous arrive, voire à trouver des solutions.

Commencez par considérer que les mots incongrus qui s’affichent dans le message d’alerte sont, justement, les meilleurs indices permettant de mener votre enquête. Ne les évacuez surtout pas ; vous en aurez besoin !

Garder une trace

Il faut donc conserver soigneusement les termes du message afin de les réemployer, au mot près, lors des recherches que nous allez mener sur Internet. Pour cela, vous pouvez vous munir d’un papier et d’un crayon et recopier manuellement le contenu de l’alerte.

Mais vous pourriez faire mieux : capturer l’écran, ce qui vous permettra de conserver sous forme d’image le message fautif.

Pour capturer l’écran, lisez ce support qui vous indiquera comment procéder, quelle que soit la version de votre système.

Voilà comment nous sommes arrivés à cette image, après l’avoir recadrée :

En effet, ce n’est pas vraiment clair ; je dirai même qu’il s’agit typiquement du bogue de conception :

- c’est en anglais,

- les initiales « PM » n’indiquent pas de quel programme ou processus il s’agit (cela aurait été vraiment beaucoup plus compliqué d’indiquer le nom en entier ?)

- De quelle Register session s’agit-il ? Mystère. On peut penser, qu’il s’agit d’une entrée du registre de Windows (support à venir), puisque cela s’affiche à l’ouverture du système. Ce n’est pas vraiment rassurant.

- Notre participante a beau redémarrer l’ordinateur rien n’y change.

- On est content de savoir qu’il faudrait réinstaller le programme si l’on constate qu’il ne fonctionne pas, mais on aurait préféré savoir de quel programme il s’agit.

Sélectionner les mots clés pour la recherche

Nous l’avons déjà évoqué à propos de séances sur les moteurs (voir supports) : il est indispensable de porter un soin particulier aux choix des mots-clés utilisés pour effectuer une recherche. Evitez les approximations, ciblez le plus précisément possible le champ de votre requête.

Nous allons faire un essai, tout simplement, avec la première phrase du message : Register Session Failed

Lancer la recherche sur Internet

Quel moteur de recherche allons-nous prendre ?

Vas pour Google ! (Oh, quelle surprise.)

Résultat encourageant : dès la première position on trouve quelque chose qui semble correspondre à notre problème :

Mais, là encore, il est préférable de lire ce qui est indiqué à l’écran avant de cliquer :

- après avoir identifié que l’expression tapée nous est retournée au mot près dans les mêmes termes

- …on essaie de savoir de quel site il s’agit. Il suffit pour cela, de lire l’adresse indiquée en vert :http://www.commentcamarche.net/.
J’ai souvent eu l’occasion d’évoquer ce site : c’est une excellente référence en matière de sources documentaires sur l’informatique. On y trouve de bons articles techniques.

- Mais en plus, ce site propose des forums extrêmement fournis. Vous pouvez déjà retenir que c’est précisément par les forums (de ce site, comme ceux d’autres sites) que vous pouvez régler la plupart des dysfonctionnements informatiques auxquels vous êtes confrontés. On constate, en observant l’adresse dans sa totalité, que la page proposée est précisément tirée d’un forum :

http://www.commentcamarche.net/forum/...

- Le thème de cette discussion est considéré comme « Résolu » (voir le titre de la page) ; ce qui est plutôt bon signe, car cela signifie qu’on a trouvé une solution au problème posé.

- Dernière information qui peut avoir une importance déterminante : la date. Les technologies numériques évoluent constamment. Il est préférable de s’assurer que les sources documentaires proposées sont d’actualité. Dans le cas présent, on peut considérer que c’est satisfaisant (6 mois).

Alors, nous cliquons sur ce premier résultat de Google.

Consultation d’un forum

Le thème de discussion de ce forum s’affiche dans la partie inférieure de la fenêtre du navigateur.

Attention : n’oubliez pas d’utiliser l’ascenseur (ou la molette de la souris) pour consulter tout le contenu de la page :

Le principe des forums sur Internet étant que les visiteurs peuvent dialoguer en temps différé sur le mode de la conversation.

Sur Comment ça marche on parle d’informatique. Beaucoup de visiteurs y viennent pour demander de l’aide lorsqu’ils rencontrent des problèmes informatiques. D’autres visiteurs leur apportent, alors, des solutions. Evidemment les conversations des forums sont stockées en mémoire et disponibles, notamment, par l’intermédiaire des moteurs de recherche, tels que Google.

Comment ça marche n’est évidemment pas le seul site Web à proposer ce type de contenu. Internet regorge de forums équivalents.

Si vous êtes confrontés à un dysfonctionnement informatique, comparable à celui que nous évoquons (message d’alerte), il serait très étonnant que vous ne trouviez pas matière à vous dépanner sur Internet. Il est plus que vraisemblable qu’une autre personne ayant déjà rencontré la même situation que la vôtre a fait appel à l’un de ces forums pour trouver de l’aide et la sortir d’affaire.

L’intérêt c’est, qu’avec le temps, ces forums constituent une incomparable source de données documentaire concernant la résolution d’une multitude de problèmes techniques, parfois très pointus. Aucun livre ne peut rivaliser avec ce niveau de précision.

Mais avant de nous emballer, revenons à notre cas concret et observons précisément cette page de discussion :

En première position, un visiteur énonce son problème. Nous avons la confirmation qu’il correspond exactement à la situation rencontrée par notre participante, puisqu’a priori, c’est le même message d’alerte. Nous avons de la chance car cette personne a su poser clairement le problème.

Vient ensuite un deuxième post qui n’apporte pas grand-chose, au débat, il faut bien le reconnaître.

Troisième message : la solution. On y trouve un deuxième niveau de confirmation : le modèle de l’ordinateur, qui, par chance correspond exactement à celui de notre participante.

Nous avons donc les éléments en main :

- le programme fautif s’appellerait, en réalité, « Power Manager »

- il s’agirait d’un composant logiciel de l’ordinateur qui gère à la fois le ventilateur et la fonction Wifi ; ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on sait que, l’un comme l’autre, se trouvent, la plupart du temps intégrés à l’écran des ordinateurs portables.

- il suffit de réinstaller ce programme (après l’avoir d’abord désinstallé) soit, à partir du CD d’origine, soit en allant le chercher sur le site du constructeur.

Sur ce, nous décidons de visiter le site Web de Fujitsu-Siemens ; mais, comme nous sommes prudents, nous décidons de garder la page actuelle à l’écran, ce qui permettra, par la suite d’y revenir facilement si nous faisons fausse route.

Pour cela, nous demandons à notre navigateur d’ouvrir un nouvel onglet (voir support) :

Ne connaissant pas l’adresse de Fujistu-Siemens (bien qu’elle soit prévisible), nous décidons d’afficher, dans cet onglet neuf, à nouveau Google pour l’interroger avec ces mots clés.

Premier résultat : a priori satisfaisant. On remarque que le résultat indique une sous-rubrique « Téléchargement de pilotes » : c’est précisément ce qu’il nous faut ; un pilote est programme permettant au système de contrôler un composant matériel.

Pour autant, mettons-nous en situation, telle que je l’ai constatée lors de notre soirée : un certain nombre d’entre vous ne connaissaient pas le sens de ce mot. Par conséquent, nous cliquons sur le titre générique (page d’accueil de Fujistu-Siemens).

Télécharger un pilote sur le site d’un constructeur

Une fois rendus sur le site de ce constructeur, partant du principe que vous ignorez ce que signifie « pilote », vous risquez d’être dans l’embarras : sur quelle rubrique doit-on cliquer ?

Notez bien que l’on peut y arriver par déduction, mais il faut reconnaître que cela n’est d’une simplicité absolue…

Conclusion : il est préférable de connaître le sens du mot pilote (driver en anglais). Je suis désolé, mais, cela fait partie du vocabulaire de base que vous devez connaître pour utiliser votre ordinateur.

A défaut, vous pouvez également retenir, que beaucoup de constructeurs regroupent les logiciels à télécharger dans une rubrique générique Support. C’est le cas de Fujistu-Siemens.

Une autre solution peut consister à interroger le moteur de recherche du constructeur. C’est ce que nous avons essayé avec « Power Manager ». Je vous épargne les résultats, mais, le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’était pas vraiment concluant.

Non, décidément, la solution la plus simple consiste à cliquer sur la rubrique « Téléchargement de pilotes »

La page suivante affiche le type de formulaire caractéristique proposé sur les sites des constructeurs de matériel informatique.

Pour trouver votre produit, vous devez déambuler, étape par étape, dans la nomenclature technique des références du constructeur ; sachant qu’ils en vendent généralement des quantités astronomiques, vous feriez mieux de vous préparer, illico, au parcours du combattant !

Ce rapport au produit est certainement beaucoup moins sexy que celui par lequel vous êtes passé pour l’acheter. Chaque étape représente une sorte d’interrogatoire qui menace de vous planter là si vous n’êtes pas en mesure de fournir la bonne référence.

Vous remarquerez que le site affiche des informations en anglais, alors qu’il s’agit d’une version française.

Bah oui, c’est comme ça. Fujitsu-Siemens ne représente pas une exception, c’est une situation extrêmement fréquente. C’est à prendre ou à laisser.

Dans le premier champ vous indiquez le nom du produit. Puis vous cliquez sur la petite flèche placée à droite de ce champ.

Cela permet de réinitialiser le formulaire : on confirme la référence du produit ainsi que, plus haut, le type NoteBooks (pour ordinateurs portables).

C’est bon, vous êtes dans les rails.

On doit maintenant sélectionner une famille de produit.

C’est L. On valide

Nouveau champ proposé : la référence du produit.

Ouf, il était temps !

Il reste à sélectionner la version du système. Tiens, c’est bizarre y’a pas beaucoup de choix là-dedans, trouvez pas ?.

On y arrive, on y arrive !

Des contraintes, toutefois : immersion totale en langue anglaise et mise à l’épreuve de votre logique déductive. Faut mériter, hein.

Bon, on essaie Tools and Utilities :

Yes !! That’s alright, baby !

Nous voilà sur le point de télécharger le pilote.

Vous devez, au préalable, cliquer sur la case qui donne votre acceptation pour l’accord de licence qui protège ce programme.

Puis cliquez sur le bouton qui est sensé vous indiquer « Télécharger le pilote ».

C’est lancé.

N’oubliez pas : toujours enregistrer le fichier avant de l’ouvrir (ou exécuter).

De toutes façons, il s’agit d’un fichier compressé au format Zip (voir support)

De là il vous reste à :

- Désinstaller l’ancien programme défectueux (voir support)

- Installer le nouveau programme, en supposant, évidemment, que vous étiez sur un profil « utilisateur standard » (voir support).

En guise de conclusion

Ne pensez pas que vous êtes isolés avec vos petits problèmes informatiques. D’autres personnes ont rencontré les mêmes écueils, mais beaucoup ont trouvé sur Internet les moyens de les résoudre. Vous pouvez y arriver, comme les autres, à conditions d’utiliser un peu de méthode : rassembler les informations permettant de définir un diagnostic, savoir utiliser un moteur de recherche, observer et interpréter les forums, recouper l’information.

Et puis, il faut bien le reconnaître : un petit peu d’anglais et de culture informatique de base, ne peuvent que vous aider.

Aux dernières nouvelles, le message d’alerte ne s’affiche plus sur l’ordinateur de notre amie.


 

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